2025-11-11 - Radio Antenne d'Oc

Emission de rodio sur Antenne d'Oc - Nympheus Luminansis par Laurence Saunois

Ecoutez l'interview


Si vous voulez en savoir un peu plus sur Nympheus Limunansis, je vous invite à écouter mon interview sur la Radio Antenne d'Oc

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Emission de rodio sur Antenne d'Oc - Nympheus Luminansis par Laurence Saunois
Emission de radio sur Antenne d'Oc - Nympheus Luminansis par Laurence Saunois

L'interview en Intégralité

Journaliste : Bonjour à toutes et à tous. L'artiste peintre Laurence Saunois présente à Figeac son projet monumental Nympheus Luminansis, les Nymphéas de la lumière, un hommage vibrant à Claude Monet. Ce grand format, fruit de huit années de travail acharné, invite à une immersion dans les couleurs et la lumière. L'exposition sera visible du 22 au 30 novembre 2025 au Palais Balène de Figeac, avant une tournée muséale de deux ans aux États-Unis. Cette avant-première réunit art contemporain, hommage à l'impressionnisme et regard poétique sur la nature : une expérience sensorielle et contemplative au cœur du « réel impressionnisme » que l'artiste revendique. Un événement culturel majeur pour Figeac, ville d'art et d'histoire.

Bonjour Laurence.

Laurence Saunois : Bonjour.

Journaliste : Comment allez-vous ?

Laurence Saunois : Je vais très bien, merci beaucoup.

Journaliste : Ça me fait plaisir de vous avoir aujourd'hui, parce qu'on parle d'art et, étant passionné, c'est un plaisir d'évoquer un sujet tout simplement magnifique. Vous travaillez sur des toiles grand format, mais avant d'aborder cela, Laurence, qu'est-ce qui vous a inspirée à créer ce projet et cette exposition ?

Laurence Saunois : C'est un peu particulier. J'étais en déplacement professionnel aux alentours de Giverny et, en fin de journée, je me suis dit avec mon compagnon qu'on ne pouvait pas être là sans aller voir les jardins de Claude Monet. Nous y sommes allés vers 16 ou 17 heures. Il y avait encore un peu de monde, puis la foule est partie. Nous nous sommes retrouvés seuls : nous avons visité la maison vide — un fait rare — puis le bassin des Nymphéas. Quand j'ai vu ce bassin, ses couleurs et sa lumière, j'ai trouvé cela exceptionnel. Je voyais tout en peinture, une chose qui ne m'était jamais arrivée. Je voyais les arbres, les fleurs, l'eau, les nymphéas bouger, vibrer, changer de couleur et de luminosité... C'était assez incroyable, quelque chose d'intime. En repartant vers la voiture, j'ai dit à mon compagnon : « Il faut que je peigne ces nymphéas, et cela s'appellera Nympheus Luminansis, les Nymphéas de la lumière. » C'est comme cela que le projet est né.

Journaliste : Waouh, c'est beau ! Cela veut dire que lorsque vous avez découvert ces Nymphéas pour la première fois, vous vous êtes tout de suite projetée ? Vous avez commencé à imaginer les techniques pour représenter la lumière ?

Laurence Saunois : C'était assez exceptionnel. Je voyais tout comme si c'était déjà de la peinture, c'est inexplicable. Je savais qu'il fallait que je le fasse. En sortant de ce jardin et de cette maison où j'ai vu l'atelier de Claude Monet désert — alors que c'est habituellement rempli de monde —, il y avait une ambiance particulière avec cette lumière de fin de journée. Cela m'a profondément touchée et émue. Ce nom, Nympheus Luminansis, est venu de manière instinctive en marchant. En rentrant chez moi à Figeac, à partir des photos prises, j'ai vu ce qu'il fallait que je peigne.

Journaliste : Les tableaux ne sont pas de simples photos...

Laurence Saunois : Loin de là, même si cela peut en donner l'impression de loin tellement la technique est poussée. De près, on voit bien que c'est de la peinture. Contrairement à ce que je peux faire parfois dans l'hyperréalisme, là cela n'a rien à voir. C'est un mélange de réel, de figuratif, et en même temps d'impressionnisme sur certaines parties. C'est pour cela que j'ai appelé cela le « réel impressionnisme » : c'est un mélange de mon identité artistique (le réalisme et l'hyperréalisme) et d'un lâcher-prise vers quelque chose de plus sensitif, faisant appel à mes impressions plutôt qu'à une copie d'une photo.

Journaliste : D'où l'expression « réel impressionnisme ». Est-ce qu'aujourd'hui on peut parler d'un hommage ?

Laurence Saunois : Tout à fait. Cent ou mille peintres feraient la même chose de manière différente. Pour moi, c'est un hommage par rapport à ce que j'ai ressenti concernant la couleur et la lumière. Ce n'est pas une réinterprétation des œuvres de Claude Monet, mais mon interprétation de ce que j'ai vu dans ce jardin.

Journaliste : Comment décririez-vous votre interprétation technique de cet univers ?

Laurence Saunois : Au niveau de la méthode, Monet peignait directement sur de la toile blanche. De mon côté, j'ai dessiné et peint sur toile blanche sans couche de peinture de base préalable : mon motif a été directement la peinture de base. Cette manière de faire m'a permis de travailler la couleur et la lumière par glacis successifs. C'est pour cela que ce projet a pris autant de temps. Selon la lumière qui se projette sur les toiles, l'œuvre évolue, l'atmosphère change. Je voulais rendre hommage au travail de jardinier et d'artiste de Claude Monet. Pour moi, la quête de la lumière est indispensable : c'est elle qui donne vie à l'œuvre derrière chaque couleur.

Journaliste : Pour ceux qui n'ont pas la technique, quelle est la différence de peindre sur une toile blanche plutôt que sur un fond coloré ?

Laurence Saunois : C'est une question de transparence et de réflexion de la lumière. J'ai fait scanner mes tableaux en haute définition auprès d'une société spécialisée. La personne m'a expliqué que le scan capte la réflexion de la lumière sur la toile et laissait voir les différentes couches successives de peinture. Quand on fait une base colorée, la réflexion de la lumière vers le visiteur n'est pas la même.

Journaliste : Par l'ampleur du format, le tableau La danse de la lumière a nécessité plus de 1 000 heures de travail. Par quelles étapes passe-t-on ?

Laurence Saunois : Ce premier tableau est très particulier. À l'époque où nous étions à Giverny, mon compagnon commençait à avoir les premiers symptômes de la maladie de Charcot, sans que nous le sachions encore. Ces 1 000 heures se sont étalées sur quatre ans : deux années de travail pendant sa maladie, et deux autres années après son décès pour me reconstruire. Cette œuvre m'a permis de faire face. Au total, l'ensemble du projet a représenté 8 ans de ma vie.

Journaliste : Avant la tournée aux États-Unis, c'était important pour vous de faire cette première exposition à Figeac ?

Laurence Saunois : Très important. Figeac est une ville d'art et d'histoire qui aime l'art. C'est ma ville de cœur, ma famille est originaire du Lot et mon grand-père y habitait. C'était essentiel que cette exposition soit montrée ici avant de partir.

Journaliste : La nature occupe une place centrale dans votre travail. Que représente-t-elle pour vous ?

Laurence Saunois : La nature est indispensable. Sans elle, nous ne serions rien, nous en faisons partie intégrante. À la base, j'ai été peintre généraliste puis peintre animalier. Pour cette série, je me suis orientée vers la représentation de la nature et des bassins de Giverny.

Journaliste : Que ressentez-vous à l'idée que cette exposition parte aux États-Unis ?

Laurence Saunois : Beaucoup d'émotions. C'est le rêve de tout artiste. C'est énormément de travail, mais aussi une très grande joie. La première étape aura lieu dans le Connecticut, au nord de New York. J'ai hâte de rencontrer le conservateur du musée et l'organisateur de la tournée, qui m'ont fait confiance en voyant seulement la toute première œuvre, La danse de la lumière, alors que le reste n'était encore qu'un projet. Je leur en suis éternellement reconnaissante.

Journaliste : Vous marchez un peu dans les pas de vos paires comme Monet ou Rosa Bonheur, dont les œuvres ont aussi voyagé aux États-Unis...

Laurence Saunois : Dans leurs pas, oui, j'espère avoir un très beau parcours par la suite. Il faut suivre ses rêves, c'est important, car parfois ils deviennent réalité.

Journaliste : J'ai vu qu'un ouvrage retraçant ces huit années de travail allait paraître ?

Laurence Saunois : Oui, il est actuellement en cours d'impression et sera disponible pendant l'exposition au Palais Balène. J'ai créé toute la maquette. Il regroupe toutes les œuvres avec leurs explications, l'histoire de Claude Monet, de son jardin et de ses nymphéas, ainsi que mon propre jardin à Figeac et la genèse du projet.

Journaliste : Merci Laurence. Rappelons que l'exposition se tiendra du 22 au 30 novembre au Palais Balène de Figeac, avec votre présence pendant toute la durée de l'événement. Où peut-on retrouver votre travail ?

Laurence Saunois : Sur mon site internet : www.laurencesaunois.net.

Journaliste : Merci infiniment Laurence, et plein de succès pour cette exposition à Figeac puis aux États-Unis !